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Acide sulfurique

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Attention, ça picote, ça gratte, ça démange, la télé-poubelle télé-réalité dans ce qu’elle a de plus infâme.

Après notre article concernant la série Unreal, je reviens la besace pleine, les doigts vigoureux, l’esprit plus remplie que jamais pour vous parler du livre d’Amélie Nothomb, sortie en 2005, à savoir, Acide Sulfurique.

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Pour être franc, j’étais très réticent à lire du Nothomb

Elle est très présente dans les médias. Elle publie un livre tous les six mois. Une telle production à la chaîne de ses bouquins ne peut que me laisser sceptique quant à leurs qualités. Pour ce livre-ci, je fais mon mea culpa. Il est bon. Simple et bon.

L’incipit (les premiers mots du livre)est une mise en bouche   de ce que sera la teneur du livre

« Vînt le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus :
il leur en fallut en spectacle »

 

 

Le livre? Une fable humaniste. L’histoire? Un jeu télévisé glauque, pervers, entre un mélange de camp nazi comme on les aimes (humour, humour…) et de Secret Story. Le décor est planté: les producteurs veulent  jouer avec l’horreur et pousser toujours plus loin les limites de l’Homme.

Dans son œuvre, l’écrivaine belge ne pointe pas le doigt sur un méchant en particulier.
Il n’y a de coupable mais des coupables:
1)Les producteurs
2)Les politiques
3)Les médias
4)les participants
5)les téléspectateurs

Chacun est accusé à son niveau de se complaire dans cette situation.

Les téléspectateurs, par exemple:

« Dire qu’ils sont là, avachis devant leur poste, à savourer notre enfer, en feignant sûrement de s’en indigner !
Il n’y en a pas un pour venir concrètement nous sauver, cela va de soi, mais je n’en demande pas tant : il n’y en a pas un pour éteindre son téléviseur ou pour changer de chaîne, j’en mets ma main à couper ».

Humour grinçant, style simple, histoire compréhensible pour un minot de classe de 5ème, Acide sulfurique se veut accessible à tous, pour que son message soit compréhensible par tous.

Le livre s’attarde très peu sur les descriptions, très peu sur pourquoi du comment les protagonistes sont arrivés là. Ce qui compte, c’est la réaction, c’est comment agir.
L’histoire concoctée par la romancière, je trouve,  est un parallèle intéressant avec la citation de la résistante française Lucie Aubrac

« Résister est un verbe qui se conjugue au présent »

En cadeau, voici un portrait de l’auteure un peu spécial, réalisé chez Thierry Ardisson dans Tout le monde en parle.

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